Dimanche vous animerez, un stage de clarinette à Bischoffsheim pour des jeunes, des professionnels et des professeurs. Que peut-on espérer transmettre en si peu de temps ?
Il va s'agir de monter un programme d'audition pour la fin de la journée. Ce sera essentiellement de la musique d'ensemble, je ne pense pas avoir beaucoup le temps de donner des leçons de clarinette à proprement parler. Mais j'espère apporter mon expérience de musicien, et celle du plaisir de jouer.
Il y aura bien sûr une approche technique sur la façon de jouer. Comme j'ai fait beaucoup de musique de chambre, je peux donner des clés sur la façon de jouer ensemble. Comment on respire ensemble, comment on équilibre les voix les unes par rapport aux autres... Il y a aussi la personnalité musicale qu'apporte tout musicien, c'est forcément intéressant de connaître de nouvelles approches et conceptions des choses.
Méthode fondée
sur le plaisir musical
Comment définissez-vous votre pédagogie de la clarinette ?
J'ai enseigné au début de ma carrière pendant 20 ans au conservatoire de Mantes-la-Jolie avec des enfants de banlieue et à l'issue de cette expérience, j'ai créé une méthode qui est certainement l'une des plus utilisées en France. Cette méthode a bien marché parce que j'avais essayé d'éviter ce qu'on appelle l'échec scolaire dans l'apprentissage de l'instrument, le découragement, le manque de plaisir et les difficultés théoriques abruptes. Cette méthode est fondée sur la découverte musicale et le plaisir musical. Ça doit former un tout avec la technique et avec l'acquisition d'une culture musicale si possible dès le départ. C'est pourquoi on y trouve du classique, du contemporain, de la musique plus populaire ou des pièces pour petit ensemble.
Quelle est l'action de l'association Papageno dont vous êtes le président et fondateur ?
L'association a 11 ans d'existence et réunit des musiciens professionnels de Paris et Lyon. On est professionnels, mais bénévoles. On joue dans des hôpitaux, des maisons de retraite ou des collèges... plutôt en banlieue. On va porter cette musique classique partout où les gens ont besoin de réconfort et de connaissances et même d'une dimension spirituelle à un certain moment donné. La musique a toujours été liée au spirituel, que ce soit la religion avec Bach ou la philosophie des Lumières avec Mozart, Haydn, Beethoven...
Le dernier concert, c'était en juillet à la maison d'arrêt de Melun, où a joué Laurent Cabasso, un grand pianiste français sur un piano magnifique qu'on avait pu louer, un Steinway. Il était accompagné par un choeur de chambre. On a pu partager le répertoire romantique avec les détenus.
Édition du Jeu 15 oct. 2009